Séminaire M1 : Newton
Le séminaire a lieu le jeudi de 12H00 à 15H00, salle F364, en Sorbonne.
Lecture des Philosophiæ naturalis principia mathematica d'Isaac Newton
L'architecture interne de l'ouvrage de 1687 indique une écriture tournée vers la réfutation des Principia Philosophiæ de Descartes. Nous étudierons plus attentivement le Livre I (définition, lois ou axiomes du mouvement et quelques démonstrations) et le Livre III, qui contiennent l'ensemble des implications épistémologiques de l'ouvrage. A ce corpus nous joindrons certaines pièces relatives à l'invention du calcul infinitésimal ainsi que les textes les plus significatifs de l'Optique.
Nous montrerons, en restituant les éléments historiques qui permettent de lire le texte de Newton, quel rôle fondamental il a pu jouer pour l'établissement de la méthode empirique dans les sciences de la nature. Aucune connaissance mathématique n'est exigée au préalable.
Bibliographie sommaire
Isaac NEWTON, Principia Mathematica, trad. M.-F. Biarnais, Paris, C. Bourgois, 1985 (partiel mais utile). On consultera aussi la trad.de la marquise du Châtelet 1756 (réédité en fac-similé, Blanchard, Paris 1966).
Isaac NEWTON, De la gravitation, Paris : Gallimard, 1995.
Isaac NEWTON, Optique, trad. Marat, Paris, C. Bourgois, 1989.
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Littérature secondaire
Françoise Balibar, Galilée, Newton lus par Einstein, PUF, 1986.
Georges Barthélémy, Newton mécanicien du cosmos, Paris : Vrin, 1996.
Fabien Chareix, La philosophie naturelle de Christiaan Huygens, Paris, Vrin, 2006.
E. J. Dijksterhuis, The mechanization of the world picture. Cambridge 1986.
René Dugas, La mécanique au XVIIème siècle. Editions du Griffon/Dunod, Neuchâtel/Paris 1954.
Michel Fichant, Science et métaphysique dans Descartes et Leibniz, Paris : PUF, 1998
Daniel Garber, La physique métaphysique de Descartes, Paris : PUF, 1999.
John Herivel,The Background to Newton's Principia. Oxford : 1965.
Max Jammer, Concepts of force. A study in the foundation of dynamics. Cambridge (Ma.), Harvard College, 1957.
Max Jammer, Concepts of space. The history of theories of space in physics. Cambridge (Ma.), Harvard University Press, 1954.
Aexandre Koyré, Etudes newtoniennes. Paris : Gallimard, 1968.
Richard Westfall, The Construction of Modern Science; Mechanisms and Mechanics. Cambridge, Cambridge University Press, 1977.
Richard Westfall, Never at rest : a Biography of Isaac Newton. Cambridge, London, Cambridge University Press, 1980.





Dans la première séance, j’ai noté :
Dans les Principia, tous les raisonnements tournent autour de l’action d’une contrainte et de son effet dans un intervalle de temps donné ; donc en accord avec les enseignements de Galilée.
C’est bien le temps qui est la variable à partir de laquelle on peut comprendre l’ensemble des variations continues qui affectent les phénomènes naturels.
Mais le style encore géométrique – euclidien – de Newton le conduit à ne jamais poser le temps autrement que comme l’élément présupposé dans le rapport, selon une formalisation qui ne se donne jamais dans le style que nous lui voyons attribué par ses commentateurs.
Voulez-vous donc dire que les commentateurs (mais pour quelle raison alors ? et quel est précisément ce style ?) interprètent librement le temps qui – doit-on le dire ainsi – n’est pour Newton que variable mathématique (et pour être encore plus précis, n’est que variable géométrique) ?
Et s’il se forme alors une vulgate qui diffère sensiblement de ce que dit Newton, n’est-ce pas comme pour tenter de combler une lacune, un fossé que Newton n’aurait pas voulu combler, pour faire fi d’une distinction qu’il aurait voulu maintenir ?
Rédigé par:Michel Raquillet | le mardi 20 février 2007 à 20H44
Et si le temps n'était pas un élément fondamental de l'univers.S'il résultait du mouvement(mouvement non défini par rapport au temps,mais inversement).
Rédigé par:patrick hubert | le mercredi 21 février 2007 à 10H19
Cher Monsieur Raquillet,
ouvrez le livre de I. B. Cohen, The birth of a new physics, ou bien regardez les analyses rétrospectives (nous dirions "récurrentes") de Ernst Mach (p. 241 et suiv. de l'édition Gabay de La Mécanique), sans parler de la manière dont Poincaré parle de Newton dans La science et l'hypothèse : vous verrez simplement que Newton est systématiquement réécrit de manière différentielle, c'est-à-dire en supposant que tous les paramètres du mouvement peuvent se rapporter à une différence de temps dt qui leur est commune.
C'est impossible dans le cadre des rapports de proportion qui est en usage dans le livre de Newton. Voilà tout.
Monsieur Hubert, je ne saurais répondre à la question que vous soulevez car je ne la comprends tout simplement pas. Les objectifs de cet enseignement ne vont pas jusqu'au fait de se demander s'il existe quelque chose comme un élément fondamental de l'univers.
Rédigé par:Fabien Chareix | le jeudi 22 février 2007 à 01H44